Les surfaces antimicrobiennes dans la lutte contre les infections

Alors que la pandémie de coronavirus bat son plein, la prévention des infections est plus que jamais d'actualité. Le réseau européen AMiCI ePlatform, dans lequel Sirris est également impliqué, vise à accélérer l'acquisition de connaissances sur les nouvelles surfaces antimicrobiennes. Celles-ci doivent devenir un outil de lutte contre les bactéries résistantes, un ennemi de plus en plus puissant dans les hôpitaux. Chaque année, on estime que 37.000 personnes meurent des suites directes d’une telle infection et que 110.000 autres patients hospitalisés en meurent indirectement. Afin d'introduire les connaissances acquises sur le marché, ce projet va être suivi d'une ePlatform. Celle-ci se veut un outil de banc d'essai, dans toute l'UE, pour les solutions de revêtement antimicrobien qui arrivent sur le marché dans le secteur des soins de santé.  

Les bactéries et les virus se propagent entre autres par contact, directement de personne à personne ou par l'intermédiaire de surfaces. La mesure de prévention la plus efficace est l'hygiène manuelle, associée à un nettoyage efficace. Malgré ces mesures et bien d'autres, le nombre de bactéries résistantes dans les hôpitaux ne cesse d'augmenter. Contre celles-ci, même les antibiotiques les plus puissants ne sont d’aucun secours. Pour les virus tels que COVID-19 ou le norovirus, les choses sont encore plus difficiles, car les antibiotiques n'ont aucun effet.

Les surfaces possédant une capacité intrinsèque d'éliminer les microbes offrent une aide précieuse dans la lutte contre ces microorganismes. Les propriétés antimicrobiennes du cuivre et de l'argent sont connues depuis longtemps. Par exemple, les bactéries qui aboutissent sur des surfaces en cuivre meurent en 1 à 2 heures. Des études récentes ont montré que le virus COVID-19 n'était détectable que pendant 4 heures sur une surface en cuivre ; sur d'autres surfaces comme l'acier, le carton et le plastique, il était détectable et transmissible pendant plusieurs jours. De nouvelles substances et de nouveaux revêtements ont été mis au point dans le cadre de projets de recherche et par des entreprises afin d’être appliqués sur des surfaces fréquemment touchées. Chacun de ces revêtements et substances ont des propriétés, des avantages et des inconvénients bien spécifiques. La difficulté consiste aujourd'hui à prouver l'efficacité de ces nouveaux revêtements dans des situations de soins de santé réalistes.  Il est en effet très difficile d'étudier l'impact d'un revêtement sur la propagation d'ennemis invisibles, surtout dans un hôpital où de nombreux paramètres (nettoyage, visiteurs, personnel, patients, etc.) peuvent influer sur le résultat.

Réseau AMiCI pour nouvelles applications en matière d'hygiène

Des chercheurs, des entreprises et des experts de différentes disciplines (revêtements, matériaux, microbiologie, soins de santé) ont étudié les connaissances de pointe relatives à l'utilisation potentielle de surfaces antimicrobiennes dans les hôpitaux à l'échelle européenne dans le cadre du réseau COST AMiCI. Sirris y a également participé en apportant son savoir-faire en matière de revêtements. Le réseau s’est notamment intéressé à la façon de concevoir de nouveaux produits antimicrobiens qui ne favorisent pas la résistance à long terme, à l'influence du nettoyage sur l'efficacité, à la manière dont les études peuvent être menées efficacement et à celle dont les réglementations permettent la mise sur le marché. 

Projet de suite COST Innovator Grant

Ce projet va à présent être suivi par une ePlatform consacrée à un outil de banc d'essai à l'échelle européenne (COST Innovators CIG-15114). L'ePlatform offre une solution d’encadrement des tests dans des situations réalistes. En outre, un business plan est en cours d'élaboration. Les organisations pourront l’utiliser lorsqu'elles se lanceront sur le marché. L’ePlatform comprend également un outil de décision pour les hôpitaux qui emploient les surfaces antimicrobiennes. Dans ce nouveau projet, Sirris aidera l'industrie à intégrer la technologie de revêtement en fournissant conseils, essais de faisabilité et initiatives d’industrialisation. Les essais porteront sur la durabilité mécanique et chimique des revêtements antimicrobiens.