Symbiose industrielle – économies de matériaux et d’énergie grâce aux sous-produits de vos voisins

Dans la zone portuaire de Gand, une collaboration entre deux entreprises se traduit par une nette réduction de la consommation énergétique et des rejets de C02. En Europe, on trouve de plus en plus souvent ce type de collaboration, qui présente de nombreux avantages pour les partenaires. Un nouveau projet européen vise d’ailleurs à soutenir ce type d’initiatives et cherche actuellement des entreprises intéressées.

À partir de fin 2016, la fabrique de papier Stora Enso alimentera en eau chaude le site de Volvo Cars à l’aide d’un réseau de chaleur de 4 kilomètres de long. La chaleur résiduelle de la centrale de cogénération de Stora Enso remplacera une grande partie de la chaleur d’origine fossile utilisée actuellement par Volvo, ce qui permettra à l’usine gantoise de réduire ses rejets annuels de CO2 de quelque 15 000 tonnes.

Dans d’autres pays européens, ces réseaux de chaleur sont déjà bien intégrés et donc davantage développés. Le Danemark compte 30 000 km de conduites de chaleur, et deux tiers des consommateurs de chaleur y sont raccordés. En Allemagne, on trouve plus de 19 000 km de conduites de chaleur, qui desservent plus de 5 millions de clients. Aux Pays-Bas, 500 000 clients sont raccordés aux réseaux de chaleur.

Novidon, à Veurne, est un exemple de symbiose industrielle se basant sur des matériaux. L’amidon, un sous-produit de l’industrie alimentaire, est transformé en un produit de grande valeur pour des applications techniques, notamment dans l’industrie papetière et pour la production de colle pour papier peint, et il peut aussi servir de composant lubrifiant pour l’industrie pétrochimique. Le site de production est installé à côté d’une grande entreprise de denrées alimentaires, avec laquelle elle collabore intensément. La symbiose a été l’occasion de créer d’autres synergies, comme l’optimisation du recyclage de l’eau. Cette symbiose a débouché sur une situation avantageuse pour les partenaires.

Au Danemark, on trouve même un écosystème industriel complet impliquant 17 entreprises et 30 flux différents : Kalundborg Symbiosis. Les sous-produits ou déchets d’une entreprise sont utilisés de manière cohérente comme matière première par la suivante dans un cycle fermé.

La symbiose industrielle n’est pas une utopie

Les nombreux exemples attestent d’une évolution des mentalités des nouvelles générations d’adultes, allant vers une approche plus écologique et plus respectueuse des ressources naturelles. La symbiose industrielle permet à une entreprise de mettre à profit les flux résiduels de matériaux et d’énergie d’une autre entreprise. Une forme de collaboration que vise à soutenir et à optimaliser le nouveau projet européen Utopia.

Utopia implique :

  • La surveillance intelligente de ces flux
  • Le développement d’outils d’analyse et d’optimisation pour étudier ces données afin d’identifier les opportunités existantes
  • La gestion centrale des données (par la mise en place d’un « espace d’information collaboratif »)
  • L’utilisation de ces informations pour la génération obligatoire et volontaire de rapports

Tous ces développements seront testés lors de projets pilotes dans les entreprises. Votre entreprise produit des produits résiduels qui pourraient être valorisés dans un autre secteur ? Vous voulez vous en assurer en participant à un projet pilote ? Prenez alors contact avec Tania Drissen.