Des LED intelligentes pour remplacer l’éclairage public classique

L’éclairage public à base de LED gagne en popularité.  Partout à travers le monde, les villes veulent s’équiper à grande échelle de ce nouveau système. Les systèmes choisis ne sont pas uniquement équipés de LED, ils se veulent également intelligents. Ceci afin d’améliorer non seulement la sécurité pour les habitants et la circulation dans les environs mais également le bien-être des habitants tout en réduisant la consommation d’électricité.

L’éclairage public utilise beaucoup d’énergie et absorbe une part toujours plus grande du budget disponible. En outre, cette consommation électrique constitue une nuisance environnementale. Sur notre planète, l’éclairage public est responsable de quelque 6 % des rejets de gaz à effet de serre. Pas étonnant donc que de nombreuses villes veulent rendre leur éclairage intelligent et plus efficace.

Une solution intelligente offrant de nombreux avantages

Les LED autorisent un éclairage public plus efficient, car elles transforment l’électricité directement en photons lumineux, contrairement aux lampes au sodium, avec lesquelles la lumière est un sous-produit de la conversion de l’électricité en chaleur. En outre, les LED n’ont pas de temps de préchauffage et leur couleur et intensité peuvent facilement être adaptées à l’environnement.

Par conséquent, l’utilisation généralisée des LED peut être une bonne chose pour la santé et le bien-être de la population en plus de soulager le budget et l’environnement. Certaines combinaisons d’intensité et de spectre lumineux peuvent également améliorer la vigilance par exemple tandis que l’exposition des yeux à une lumière plus bleue (avec une dose calculée avec précision) le matin permet de combattre la fatigue en journée. Il n’est pas seulement possible d’adapter la lumière, on peut également la commander de manière plus intelligente en intégrant par ex. des détecteurs de mouvement : en l’absence de mouvement dans la rue, on peut réduire la lumière à 10 ou 20 pour-cent. On pourrait ainsi réduire davantage la consommation électrique. Et enfin, on pourrait encore aller plus loin en confiant entièrement l’éclairage à un prestataire de services, de l’installation et de l’entretien jusqu’au remplacement et au recyclage.

Actuellement, la capitale de la Nouvelle-Zélande, Wellington, et Copenhague au Danemark ont prévu de passer à un système LED intelligent. Des projets pilotes ont également vu le jour dans différents endroits en Europe. Plusieurs villes ont déjà adopté (partiellement) ce système. Jusqu’à présent, le plus grand projet se trouve à Los Angeles, qui est passé entièrement à un système de lampes LED télécommandé. Barcelone en Espagne utilise aussi des lampes qui tiennent compte du mouvement et des conditions atmosphériques. 


Los Angeles avant et après

Nouvelle-Zélande

Wellington, capitale de la Nouvelle-Zélande, envisage dans un proche avenir de devenir la première ville de l’hémisphère sud à utiliser un système d’éclairage public intelligent à base de LED. La ville veut remplacer tout l’éclairage public en dehors du district des affaires, ce qui représente 18.000 luminaires au total. Ces lampes LED peuvent être automatiquement atténuées quand il n’y a personne dans les environs. Dans le district des affaires, l’éclairage public reste généralement allumé toute la nuit et ne sera pas remplacé dans un premier temps.

Projet pilote danois

Copenhague, capitale du Danemark, a lancé un grand projet pilote d’éclairage public LED intelligent dans un vaste parc. D’ici 2025, la ville veut réduire ses rejets de gaz à effet de serre et ce parc expérimental fait partie des efforts pour atteindre cet objectif. Le Laboratoire d’éclairage extérieur danois (DOLL), une zone d’essai dans le faubourg d’Albertslund, teste actuellement un grand nombre de lampes et de systèmes intelligents d’éclairage extérieur. Le public et les autorités sont aussi invités à participer au projet ainsi que les fabricants étrangers. Le projet veut ainsi inciter davantage de villes à passer à d’autres types d’éclairage.

Concrètement, différents systèmes d’éclairage public de 25 entreprises ont été installés sur une distance de 9,2 km et une superficie de 1,5 km². Chaque lampe dispose d’une adresse IP séparée, ce qui permet de la commander à distance. La ville peut ainsi tester des lampes intelligentes qui réduisent leur intensité quand il fait soleil, qui éclairent davantage en présence de passants la nuit ou qui envoient un signal d’alarme en cas de défectuosité. La société hollandaise Tvilight va y essayer des lampadaires qui adaptent leur intensité lumineuse en fonction du mouvement à proximité. La DTU (université technique danoise) y essayera le système CopenHybrid : un poteau qui alimente le lampadaire en électricité par une combinaison d’énergie éolienne et photovoltaïque. Le site a été truffé de capteurs qui mesurent la densité du trafic, la qualité de l’air, le bruit, les conditions atmosphériques et le rayonnement UV afin de d’évaluer l’impact des lampes sur l’environnement. Les résultats permettront de déterminer quelles lampes sont les plus intéressantes en matière de coûts et de réduction des émissions.

Initiatives européennes

Les institutions européennes ont également fait une recherche sur les effets de l’éclairage SSL (Solid State Lighting) dans le cadre de différents projets et veulent en faire la promotion par le biais de lightingforpeople.eu.

Il ressort des résultats d’un projet européen regroupant des sites d’essai à Bordeaux, sur le campus de l’université technique de Riga (Lettonie) et l’université d’Aveiro au Portugal, que les systèmes SSL intelligents permettent de réduire la consommation électrique de 65 à 73 pour-cent. La lumière émise est en outre plus claire et plus blanche que celles des lampes jaunes au sodium, ce qui améliore la visibilité et le contraste couleur pour les usagers de la route.

Une installation d’essai pour le projet ILLUMINATE dans l’hôtel de ville de Belfast en Irlande du Nord a montré que les systèmes SSL pouvaient aussi servir pour améliorer la visibilité des bâtiments et des espaces publics : les couleurs et les configurations de l’éclairage peuvent être adaptées en fonction des occasions et permettent toujours d’obtenir une économie d’énergie de 67 pour-cent.

Pour conclure, il apparaît que, malgré un prix d’achat et d’installation plus élevé des systèmes d’éclairage LED intelligents par rapport aux lampes au sodium, la plus faible consommation électrique et la plus grande longévité des LED (10 – 15 ans contre 3 – 5 ans pour les lampes au sodium) se traduisaient par un amortissement rapide en 2 à 3 ans.

Pendant l’atelier « How to truly eco-innovate in the lighting industry?’ » le 11 février, on abordera l’éco-innovation notamment à l’aide d’éclairages publics intelligents à base de LED.